22/02/2025
Plans, travaux, quand une écurie dynamique sort de terre…
En cette fin d’année 2023, le travail ne manque pas pour les équipes de l’écurie de Gireg Le Coz et EquiBEE. C’est le temps des semences, des plans de l’écurie, des travaux de gros-œuvre, du choix des matériaux…
Comment avons-nous conçu l’aménagement de l’écurie ?
Un des objectifs était la fonctionnalité avec un espace de soins central, composé de 3 boxes de passage, 5 stalles de soins et 2 selleries.
Nous avons dessiné, de chaque côté de l’espace central, deux lieux de vie conçus pour un groupe de hongres et un groupe de juments, chaque groupe pouvant accueillir jusqu’à 12 chevaux.
Après la visite sur place, les plans ont été élaborés. Dans l’un des dortoirs, un mur a été partiellement monté pour protéger du vent, tout en laissant une sortie supplémentaire pour la sécurité des chevaux.
Près de 1000 parpaings auront été posés pour les dortoirs, selleries et box, sous les ordres du responsable de chantier Rosa.
Ces dortoirs, situés aux deux extrémités du bâtiment, sont principalement fermés du côté des vents dominants, et ouverts au Sud.
Une fois sur place, les chevaux valideront cette configuration en utilisant régulièrement les dortoirs. C’est toujours eux qui nous disent si la conception est bien faite. 😉
Dans quelques mois, le pignon exposé Nord/Ouest sera bientôt fermé par un brise-vent.
Côté humain, du pratique pour le quotidien
Dans l’espace sellerie, box, stalle de préparation tout est à portée de main, en quelques pas. Cet espace est toutefois suffisamment vaste pour que les chevaux s’y sentent à l’aise. On peut aisément préparer des chevaux, accueillir le maréchal-ferrant, à l’abri, sans se gêner.
Sur les terrasses, le choix a été fait de stabiliser avec du calcaire.
Plus cher que du gazon synthétique, le calcaire a plusieurs avantages : il ne pollue pas le sol et ne présente aucun risque pour les chevaux.
Le gazon synthétique est un polluant délétère pour l’environnement globalement. Et les microparticules peuvent également se loger dans les poumons des chevaux, comme des humains. Avec des effets inconnus à ce jour, mais le risque était trop grand dans la mesure où les chevaux y vivent 24/7, la majeure partie de l’année.
Pour les clôtures, l’écurie Gireg Le Coz a opté pour des doubles lices en bois Horse Stop, avec barrières en galva à fermeture automatique.
Des passages humains ont été disposés tout autour des terrasses pour un accès rapide. Et ça, ça facilite vraiment le quotidien !
Dans les dortoirs, un curage mécanique est effectué chaque trimestre et dure environ 4 heures.
Le ramassage des crottins se fait à la brouette et prend 1h par jour, soit beaucoup moins que l’entretien de box.
Autre poste dont le temps a été réduit : le nourrissage et l’abreuvement des 15 chevaux. L’écurie est passée d’un temps plein en écurie classique à environ 3h par jour avec ce système.
La qualité de vie au travail de chacun des membres de l’écurie s’est nettement améliorée avec des journées moins chargées et des travaux beaucoup moins pénibles au quotidien.
Et pourtant, le choix a été fait de ne pas investir dans un distributeur automatique de ration (DAC) qui ne présente pas suffisamment de possibilité pour varier les rations.
Pour des chevaux de sport de haut niveau, les rations sont individualisées. Il sont donc nourris individuellement comme auparavant, avec des granulés, CMV et huiles. Et ce, 2 à 3 fois par jour, grâce à des seaux musettes (seau attaché à la tête qui permet d’être certain que le cheval mange bien sa ration, qui limite les tensions sociales et préserve la sécurité des chevaux et des humains).
Les chevaux ont été habitués progressivement à ce dispositif, avant leur déménagement.
Avec Gireg Le Coz, le choix a été fait de séparer les hongres et les juments afin de faciliter les intégrations et la stabilité des groupes.
Chaque groupe a accès libre à :
- une terrasse stabilisée et drainée en falun de 1500 m2, qui dispose d’au moins 2 râteliers avec foin sous filet Zenhorse à volonté.
Les râteliers ont été disposés de façon à garder un maximum de sécurité (8m de distance minimum). Et leur emplacement a été ajusté au fil du temps en fonction du comportement des chevaux, toujours en préservant la sécurité et l’apaisement des tensions sociales, synonymes de bien-être.
- un dortoir paillé de 200 m2, orienté Sud/ Est et à l’abri des vents dominants
- une prairie-parking (prairie sacrifiée pour agrandir l’espace vital et baisser les tensions sociales)
- des pierres à sel
- des brosses grattoir qui ont aussi l’avantage d’apaiser les tensions sociales
- un enrichissement du milieu de vie (variété alimentaire, stimulations sensorielles et cognitives) pour optimiser le bien-être et éviter les tensions sociales surtout en hiver quand les chevaux n’ont pas accès aux prairies
- des haies fourragères viendront apporter de la diversité alimentaire supplémentaire dans les années qui viennent
- des haies sèches seront également ajoutées prochainement pour permettre à tous les chevaux d’être abrités du vent. Car même si les dortoirs sont vastes, les dominants aiment souvent prendre leurs aises et les dominés sont des chevaux comme les autres, ils n’aiment pas le vent.
- une prairie de 8h, organisée en pâturage tournant d’une dizaine de parcelles. A la saison de pâturage, les chevaux y passeront une partie de leur journée. Il est en effet prévu de les laisser sur les terrasses aux heures de travail (8h-18h) et d’ouvrir les pâtures la nuit. Soit 14h pleines d’herbe, d’environnement à explorer entre chevaux. La meilleure vie selon un cheval !
La rotation du pâturage est réalisé pour maintenir un couvert végétal adapté aux chevaux comme à la prairie. Cela permet aussi de ne pas abîmer les terrains qui restent aussi des prés indispensables pour faire le foin et ainsi nourrir les chevaux toute l’année.
Les prairies ont été semées à l’automne 2023 et elles ont particulièrement bien pris, puisqu’au printemps 2024, la totalité du foin pour l’hiver 2024/25 a été produit sur l’exploitation. Avec un foin contenant une belle diversité floristique, exempt de plantes toxiques.
Des haies fourragères seront plantées courant 2025 pour diversifier le milieu et favoriser ainsi la biodiversité, mais aussi abriter du vent autour des prairies.
Comme vous le voyez, si l’essentiel est réalisé, il reste encore plusieurs étapes.
Et surtout, l’objectif reste de s’adapter aux chevaux comme aux humains. C’est dans leur retour sur leurs usages quotidiens de l’écurie et des prairies que nous ajustons : la fonctionnalité du bâtiment, les enrichissements du milieu de vie, la rotation des prairies, la gestion des plantes toxiques si elles s’invitent…
Le bien-être n’est jamais figé, il évolue avec le temps, les saisons, les individus et surtout leur ressenti de la situation. Alors, le travail d’EquiBEE n’est jamais vraiment terminé, et c’est ça aussi que nous aimons. Que vous nous posiez des questions, que vous nous proposiez de nouveaux défis et des remises en question.
C’est à la fois ce qui nous motive et nous fait avancer et progresser avec vous.
Prochain et dernier épisode (pour le moment 😉 ) : la mise en groupe et l’intégration de 12 chevaux de haut niveau.
D’ici là, si vous voulez voir ce sujet en direct à Saumur (JSIE 2025) ou profiter du replay disponible sur Youtube gratuitement après l’événement, votez pour que notre participation avec Gireg et son équipe soit actée. Il vous reste 3 jours (fin des votes le lundi 23 février à minuit). Lien en commentaire